La Présidence française à la hauteur de la crise diplomatique Russo-Ukrainienne

Feb 8, 2022

Saint-Augustin écrivait : « Il y a plus de gloire à tuer les guerres avec la parole qu’à tuer les hommes avec le fer. » Emmanuel Macron s'est rendu hier en Russie avec un objectif chevillé au corps : la désescalade entre la Russie et l’Ukraine, afin de préserver la paix en Europe

Quelle est la situation entre la Russie et l’Ukraine ? 

Les tensions entre la Russie et l’Ukraine sont anciennes. Au cours de l’Histoire, les territoires qui composent l’Ukraine d’aujourd’hui ont été sous l’influence de différentes puissances extérieures. En effet, l’Ukraine est un État historiquement divisé entre une partie ouest du pays tournée vers l’Europe parlant ukrainien, et une partie de l’est qui comprend la Crimée majoritairement russophone, qui a le regard tourné vers Moscou. 

Rappels historiques

Au cours du XVIIIème siècle, Catherine II de Russie conquiert la plupart des terres occidentales, et la grande majorité de l’Ukraine contemporaine. 

En 1954, Nikita Khrouchtchev (le successeur de Staline) décide d’offrir la Crimée à la république socialiste d’Ukraine. Ce qui semble pour l’époque une donation assez modeste car la république d’Ukraine fait partie de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), il donne donc un territoire à un membre de son propre pays. 

Mais avec la chute du mur de Berlin, en 1991, l’Ukraine retrouve son indépendance, même si durant plusieurs années le pays reste sous le contrôle d’un régime pro-russe. C’est l’année 2004 qui change la donne quand la révolution orange porte au pouvoir des forces politiques libérales et pro-occidentales, qui regardent vers l’Union européenne.    

A la fin 2013, Victor Ianoukovitch, président pourtant proche de Bruxelles, annonce brusquement l’arrêt des négociations avec l’Union Européenne et choisit de se rapprocher de la Russie. Ce qui provoque la colère d’une partie des Ukrainiens et des révoltes à travers le pays. Victor Ianoukovitch est destitué. Dans la région du Donbass, des affrontements éclatent entre l’armée ukrainienne et des forces séparatistes soutenues par Moscou. A l’heure actuelle, cette guerre est toujours en cours et a fait plus de 10 000 morts.    

Des frontières ukraino-russes au cœur de l’actualité 

Les tensions entre les deux pays n’ont jamais cessé, au contraire depuis novembre 2021, les frictions sont exacerbées. Environ 130 000 soldats ont été déployés à la frontière ukrainienne entre avril 2021 et février 2022. L’armée russe ne converge pas vers l’Ukraine que par la terre : le 4 février 2022, pour la première fois depuis 2018 des navires des flottes russes du Pacifique, de la mer Baltique et du Nord, se trouvaient en mer méditerranée. Enfin, des exercices militaires de la marine russe ont été observés en mer Noire. Face à ces mouvements inquiétants, fin janvier, les États-Unis et plusieurs pays européens ont menacé la Russie de lourdes conséquences en cas d’agression contre l’Ukraine.    

Les actions du groupe Renew pour endiguer la crise    

Le groupe Renew Europe au sein du Parlement européen s’est félicité le 24 janvier dernier de la déclaration faite par les ministres des Affaires étrangères de l’UE. Ces derniers ont condamné les actions agressives et les menaces continues de la Russie contre l'Ukraine et ont averti le Kremlin que toute nouvelle agression militaire de la Russie contre l'Ukraine aurait des conséquences massives et un coût élevé. La Commission européenne a approuvé un nouveau paquet d'aides financières à destination de l'Ukraine, composé de prêts d'urgence et de subventions. Dimanche dernier, Nathalie Loiseau, Présidente de la Sous-commission Sécurité et Défense , et Petras Auštrevičius, rapporteur pour Renew Europe sur le sujet ukrainien , se sont rendus à Kiev. « Ce qui m’a frappée », a expliqué Nathalie Loiseau, « c’est la dignité, la retenue et la résistance des Ukrainiens. Ils ne se laissent pas intimider, continuent à vaquer à leurs occupations, à travailler, à sortir. Le calme règne, malgré l’ampleur du déploiement russe à la frontière, près de 130 000 hommes. » 

L’intervention d’Emmanuel Macron pour empêcher un conflit armé

Dans une politique d’apaisement, le Président de la République s’est rendu à Moscou où il s’est entretenu pendant 5h avec le Président Vladimir Poutine puis à Kiev pour s’entretenir avec Volodymyr Zelensky son homologue ukrainien. La France dispose d’un levier diplomatique pour peser sur le cours des événements dans la partie orientale de l’Ukraine. C’est le format Normandie (Russie, Ukraine, Allemagne, France), qui ne s’était pas réuni depuis 2019, vient d’être réactivé. La rencontre entre le Président de la République et le Président Poutine a permis des conclusions opérationnelle :    

✅ Le retrait des forces russes au terme de l'exercice Zapad en Biélorussie ;

✅ De prochaines rencontres des conseillers dans le format Normandie, le jeudi 10 février à Berlin ; 

 ✅ Un accord pour un dialogue structuré sur la sécurité collective.    

 « J'ai obtenu qu'il n'y ait pas de dégradation et d'escalade », a déclaré le Président français. Vladimir Poutine a lui aussi confirmé que « certaines des idées » du Président Emmanuel Macron « jetées les bases d'avancées communes ». Les Occidentaux et l’Union Européenne en chef de file, qui craignent une invasion de l'Ukraine, multiplient les efforts pour trouver une issue diplomatique à la crise. Le chef de l'État français juge également qu'il y a des « solutions concrètes » pour aboutir à une fin de crise. « La détermination partagée à mettre en œuvre les accords de Minsk est le seul chemin nous permettant de construire la paix, permettant de construire une solution politique viable », a-t-il précisé.