COFOE – Changement climatique et environnement – Retour sur les propositions des adhérents

10 janv. 2022

Dans le cadre de la contribution de notre association à la Conférence pour l’Avenir de l’Europe, les adhérents de l'association pour une Renaissance européenne ont retenu 3 mesures phares sur la thématique du changement climatique et de la protection de l’environnement. Retour sur ces propositions.

  • 1ère proposition : Mettre en place une réelle intégration ferroviaire à l’échelle européenne avec une véritable interconnexion, en train à grande vitesse, des capitales des Etats membres de l’UE. 

Depuis le 18 décembre 2021, il est possible de voyager à bord des trains Frecciarossa de la compagnie italienne Trenitalia entre Paris, Lyon et Milan, une première, depuis l’ouverture à la concurrence des lignes à grande vitesse en France. Cette annonce relance les espoirs d’une meilleure intégration ferroviaire à l’heure où de nombreux Etats membres ont mis en œuvre l’ouverture à la concurrence du transport national de passagers impulsée par l’Union européenne. Cette proposition d’une meilleure intégration ferroviaire européenne apparaît triplement pertinente.

Sur le plan écologique, d’abord. Le transport ferroviaire à grande vitesse est faiblement émetteur de gaz à effet de serre et contribue à désengorger les réseaux routiers saturés. Alors que le réseau ferroviaire représente près de 10% du volume de transports sur le territoire métropolitain, il n’est qu’à l’origine de 0,52% des émissions de CO2. Il contribue en ce sens à l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 fixé par le Pacte vert européen. 

Sur le plan de l’intégration européenne ensuite. Elle permettrait de renforcer les liens entre les pays de l’Union européenne en développant les possibilités pour les citoyens européens de voyager à travers l’Europe. Trop de correspondances, trop peu de lignes, prix trop élevés : tel est le constat actuel des européens dont le voyage s’apparente davantage au parcours du combattant qu’à un simple déplacement.

Sur le plan économique enfin. Une meilleure intégration ferroviaire peut être créatrice de milliers d’emplois européens qualifiés et un axe de développement du tourisme européen.

Dans les années 80, un programme de développement des infrastructures ferroviaires au sein de l’Union européenne a vu le jour – le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) - avec pour ambition d’éliminer toutes les barrières qui pouvaient exister entre les réseaux de transports des Etats. Force est de constater que cet objectif n’a pas été atteint, les lignes à grande vitesse actuelles demeurant fragmentées avec des opérateurs nationaux ayant isolément planifié et mené à bien leurs projets.

Le 20 janvier 2021, une résolution a été votée au Parlement européen afin de réviser le règlement RTE-T dont la dernière modification date de 2013. Une dynamique prometteuse qui pourrait être poursuivie à l’occasion de la Présidence Française de l'UE, en permettant l’émergence d’un véritable plan de déploiement du transport ferroviaire européen.


  • 2ème proposition : Garantir une indépendance énergétique européenne en investissant dans la recherche d’une énergie nucléaire à long terme et en soutenant les innovations bas carbone (hydrogène et nucléaire).

Face à la flambée des prix du gaz, de l’électricité ou du pétrole, la question d’une indépendance énergétique européenne n’a jamais été autant d’actualité. Celle-ci consiste à ne pas dépendre de la volonté de sources extérieures à l’Union européenne pour accéder aux ressources énergétiques. En 2019, l’Union européenne dépendait pour 60,6% de sa consommation d’énergie de ses importations. A titre d’exemple, la France importe 99% de son gaz de principalement de Norvège et de Russie. 

Cette proposition s’inscrit dans le cadre des annonces effectuées par le président de la République le 12 octobre dernier à l’occasion de son plan France 2030. A cette occasion, le chef de l’Etat a indiqué vouloir réinventer le nucléaire, en faisant émerger d’ici 2030 des réacteurs nucléaires de petites tailles, innovants, avec une meilleure gestion des déchets - les « small modular reactors » (SMR). Un plan d’investissement d’1 milliard d’euros viendra soutenir cet élan pour développer des technologies de rupture dans le domaine du nucléaire.

Deuxième axe annoncé par le président : faire de la France le leader de l’hydrogène vert en 2030 en développant une filière industrielle de l’électrolyse. La proposition faite par les adhérents de l'association Pour une Renaissance européenne vise à transposer à l’échelle européenne cette stratégie de recherche et développement en matière d’innovation énergétique bas carbone. L’enjeu est grand puisqu’il permettrait de disposer d’une véritable stratégie européenne tournée vers l’indépendance énergétique en assurant la transition progressive du mix énergétique des Etats membres vers des ressources décarbonées. Par ailleurs, une véritable politique de recherche en matière de traitement et de stockage à long terme des déchets radioactifs doit pouvoir permettre d’apporter des réponses concrètes en la matière.

La Commission européenne a décidé fin 2021 d'inclure, sous certaines conditions, le nucléaire et le gaz à la taxonomie de l’Union européenne, une classification qui les rendrait éligibles aux investissements énergétiques verts. Une majorité de pays européens semble aujourd’hui y être favorable, la France en tête. 


  • 3ème proposition : Adopter une véritable politique forestière européenne

Nos forêts représentent un atout considérable pour nos territoires. Elles couvrent plus de 43,5 % de l’espace terrestre de l’UE et sont essentielles à la santé et au bien-être de tous les Européens. Elles jouent un rôle économique majeur au sein de l’UE. En France, elles concernent plus de 400 000 emplois, soit un chiffre supérieur à celui de l’industrie automobile.

Elles ont également un rôle écologique et social majeur en ce qu’elles constituent un puits de carbone de nature à atténuer les effets du changement climatique, en refroidissant les villes, en nous protégeant des inondations et en réduisant les effets de la sécheresse. En France, la forêt est ainsi le premier capteur de CO2, soit près de 20% de tout le CO2 émis.

Toutefois, nos forêts, qui sont un atout pour contrer le réchauffement climatique, en sont aussi les premières victimes. La vitesse des changements dépasse les capacités d'adaptation naturelle des arbres pouvant conduire à leur affaiblissement et leur dépérissement par mortalité naturelle ou sous l'effet de maladies comme celle des scolytes. De plus, les tempêtes, les incendies exacerbés également par le changement climatique, menacent directement nos forêts.

Il est donc indispensable non seulement d'assurer une gestion durable de nos forêts, avec une récolte raisonnée, compatible avec le maintien des services écosystémiques qu'apportent les forêts, mais aussi d'adapter nos forêts avant qu'elles ne dépérissent à court ou moyen terme sous l'effet des changements climatiques et des stress à répétition.

C’est tout l’objet de cette proposition qui vise à intégrer pleinement ces enjeux à l’échelle européenne pour redéfinir une politique forestière plus soutenable, plus ambitieuse et prenant davantage en compte la protection de la biodiversité.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la stratégie forestière européenne pour 2030 présentée le 16 juillet 2021 par la Commission européenne. Dans ce cadre, elle a rappelé l’importance d’avoir des forêts résilientes, en bonne santé et diversifiées qui seules seront à même d’assurer la multifonctionnalité, c’est-à-dire de remplir divers objectifs tant économiques qu’environnementaux.

La Commission demande par ailleurs à faire évoluer les méthodes de gestion forestière avec moins de coupes rases (abattage de la totalité des arbres d'une parcelle d'une exploitation forestière) et une diversification des essences plantées. Il est également proposé de conditionner certaines aides européennes à la gestion durable des forêts par leur propriétaire.

Par ailleurs, l’exécutif européen a annoncé un vaste plan de reboisement de 3 milliards d’arbres avec des essences résistantes aux effets du changement climatique afin de renforcer le puit de carbone forestier.

Enfin, la présidence française du Conseil de l’UE sera l’occasion de finaliser l’examen de la proposition de règlement visant à interdire la déforestation importée au sein de l’UE.   


Ces 3 mesures proposées par les adhérents de l'association Pour une Renaissance européenne viennent ainsi enrichir les travaux dans le cadre de la Présidence française en matière de lutte contre le changement climatique qui comme l’a précisé le président de la République française sera une priorité pour le semestre à venir.